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Lors de la dernière glaciation, il y a environ 20’000 ans, le glacier du Rhône recouvrait la région du lac d’une couche de plus de 1000 mètres de glace. Au cours de sa fonte, il y a 12’000 ans, la rive lacustre se trouvait à la hauteur d’Ollon, soit 12 km plus en amont. Depuis, la vallée a été comblée jusqu’à Villeneuve avec une couche de 580 mètres d’alluvions.
 

 

En 1880, le célèbre savant F.-A. Forel montre qu’à cet endroit existaient des étangs littoraux analogues aux lagunes des rives maritimes. Les terrassements effectués en 2008 par la Fondation des Grangettes ont recréé une de ces lagunes disparues au début du XXe siècle.

01 L’île de Peilz
Un haut fond existant a été aménagé et renforcé au XIXe siècle. Le platane a constitué le premier dortoir lémanique pour le Grand Cormoran. Durant l’hiver, jusqu’à 300 individus y passent la nuit et blanchissent l’arbre de leurs fientes. Parfois le Milan noir ou le Héron cendré y construisent leur nid.

02 Les enrochements
Suite à des études sur la régression des roselières, des enrochements ont été construits par l’Etat de Vaud au milieu des années 1970. Ils sont une protection efficace contre l’érosion de la rive provoquée par l’exploitation des sédiments, tant au fil du Rhône que devant la rive.

Les blocs de rocher sont espacés pour laisser passer les courants d’eau. Ils délimitent la réserve soustraite à la navigation et jouent le rôle de perchoir pour de nombreux oiseaux d’eau.

03 Les radeaux à sternes
Le premier radeau à sternes a été installé en 1983 et le plus grand en 2010. Ce sont d’excellents biotopes de substitution aux zones graveleuses, disparues à la suite de la canalisation du Rhône.

La Sterne pierregarin arrive d’Afrique de l’ouest vers mi-avril pour nicher. En moyenne, un jeune par couple prendra son envol six semaines après l’éclosion, pêchera sur le lac quelques semaines avant de partir vers l’Afrique à fin juillet.

 

 

04 Le banc de sable
Le banc de sable a été créé avec une partie des matériaux issus du creusage de la lagune. Sa fonction première est de servir de lieu de nourrissage et de repos pour les échassiers durant leur migration d’automne. En effet, le niveau du lac monte avec la fonte des neiges et des glaciers à la fin du printemps ; les migrateurs ne disposent alors plus des bancs de sable printaniers présents lors du maintien artificiellement bas du niveau du lac. Un fauchage régulier est nécessaire afin qu’il reste attractif pour les échassiers. La végétation a rapidement colonisé le banc de sable avec quelques plantes rares, telle la Renoncule scélérate, une espèce pionnière.

La végétation a rapidement colonisé le banc de sable avec quelques plantes rares, telle la Renoncule scélérate, une espèce pionnière.

 

 

 

05 La roselière lacustre
Située devant la rive, la roselière a subi de nombreuses modifications. Sous l’action de l’érosion, sa surface était passée de 17 hectares en 1942 à 2,5 en 1982.

Les différentes mesures de protection prises lui permettent de croître lentement. Sa surface était de 4 hectares en 2006. Seul le roseau a résisté ; les autres plantes telles que le Nénuphar jaune, le Jonc des tonneliers ou la Littorelle ont toutes disparu. La roselière lacustre est un milieu de refuge et de nourrissage pour de nombreux animaux. Le Crapaud commun, la Grenouille rieuse s’y reproduisent. Elle est surtout intéressante pour de nombreux oiseaux d’eau : grèbes, Foulque macroule, Poule d’eau, Râle d’eau et rousserolles y nichent. Des centaines d’Hirondelles rustiques s’y rassemblent le soir dès juillet avant leur migration automnale vers l’Afrique.

 

La Couleuvre à collier est souvent dans l’eau pour chasser les batraciens.


06 L’île littorale
Cette bande de terre isolée par les deux canaux de la lagune abrite une famille de castors qui y a construit sa hutte. Des canards tels que la Nette rousse ou le Fuligule morillon pourraient nicher dans ce biotope.

Les castors assurent l’entretien de l’île car ils coupent les arbres pour se nourrir de leur écorce durant l’hiver, avec une préférence pour les saules, plus tendres.



 

07 La lagune
Avant le creusage existait une roselière asséchée, relativement pauvre en biodiversité. Elle se composait essentiellement de Roseaux, mais aussi d’Orties et de Houblon.

En 2008, 12’000 m3 de terre et de sable ont été extraits et valorisés dans l’agriculture locale. Les oiseaux y venaient peu, car elle était trop sèche à cause du bas niveau du lac au printemps. Les scientifiques ont décidé d’abaisser le niveau du sol en recréant la lagune disparue des Saviez. Diverses espèces de hérons s’y arrêtent : le Butor étoilé et la Grande Aigrette en hiver, l’Aigrette garzette et le Héron crabier au printemps. Le Blongios nain, petit héron menacé, y niche. Petit à petit, les deux tiers de la surface aménagée seront reconquis par la végétation pour créer une nouvelle roselière inondée, favorable à la nidification d’oiseaux d’eau.

Les poissons sont également nombreux : Brochets, Poissons chats ou Carpes, gros poissons blancs dont on peut observer les sauts et la fraie en mai. La parade des Grèbes huppés est un spectacle visible de mars à juin.

 

En 2008, 12’000 m3 de terre et de sable ont été extraits et valorisés dans l’agriculture locale.

 

 

 

08 La forêt riveraine
La forêt riveraine, étape ultime de l’atterrissement du marais, s’est installée au début du XXe siècle sur une zone plus sèche, la dune littorale. Formée de saules, d’Aulnes noirs, de Frênes et de Chênes pédonculés selon le degré d’humidité du sol, elle offre un grand nombre de milieux à la faune (oiseaux, petits mammifères). Les différentes espèces se répartissent les habitats, chacune fréquentant un étage végétal particulier. En plein été, la frondaison bruisse d’une multitude d’insectes. Le soir venu, ils font les délices de la Noctule commune, la plus grande chauve-souris de Suisse.