Communiqué de presse

Dix ans après sa fermeture la plage des nudistes est devenue un havre de paix pour les oiseaux aux Grangettes

Chacun se souvient du feuilleton de l'été 2003 qui avait vu la fermeture définitive par le Conseil d'Etat de la plage qui abritait de nombreux nudistes au beau milieu de la réserve d'importance mondiale des Grangettes.

Cette plage de sable était au coeur de la contestation du plan de protection cantonal des Grangettes (PAC 291) qui s'est terminée devant le Tribunal fédéral. Celui-ci a confirmé que les mesures de protection prises étaient adéquates et proportionnées. Depuis ce moment, la roselière attenante à cette plage ayant retrouvé la tranquillité, elle n'a cessé de prendre de la valeur pour la gent ailée.      

               

Première éclosion lémanique pour le Grèbe à cou noir !

Début août, quelle ne fut pas la surprise des ornithologues d'apercevoir un couple de Grèbes à cou noir nourrissant un jeune. En effet, aucunes observations n'avaient été faites au début de l'été, moment ou ceux-ci avaient dû commencer à nicher.

Recherches faites par le gestionnaire O. Epars, il s'est avéré que ce couple avait niché dans une touffe de joncs des tonneliers jouxtant la roselière protégée. A ce jour, cet oiseau indiqué comme "vulnérable" sur la liste rouge n'avait pas encore vu éclore un jeune dans la bassin lémanique. Une première pour les Grangettes ! En Suisse, il niche de manière sporadique dans la Grande Cariçaie et dans le lac inférieur de Constance et est plus constant au lac de Joux.

 

Plusieurs espèces de la liste rouge

Le Grèbe à cou noir n'est pas la seule espèce à nicher dans cette roselière protégée. La Rousserole turdoïde (fauvette des marais) et le Blongios nain (petit héron) sont deux autres espèces menacées qui profitent aussi de la protection accordée à ce coin des Grangettes.

Une soixantaine de Grèbes huppées, des Rousserolles effarvate et quelques Foulques macroules complètent ce tableau assez idyllique pour les spécialistes.

 

Une belle réussite de régénération - protection

La roselière, comme la touffe de Joncs des tonneliers (espèce disparue des rivages lémaniques) avaient été replantés au début des années 80. Si la roselière, bénéficiant des nettoyages et abritée des vagues par un enrochement, a rapidement étendu sa surface, il a fallu attendre près de vingt ans pour que les joncs se développent. La tranquillité amenée par le PAC 291 a permis à une avifaune riche et menacée d'y prendre enfin ses quartiers.

 

Olivier Epars 079 674. 61.81, le  23.08.13